Il se passe quelque chose…

Lorsque j’ai rédigé l’article qui a fait le bruit que l’on sait, c’était avant tout un pied de nez, un clin d’œil destiné à quelques amis sur un blog qui traite de tout et de rien (surtout de rien). Cet article, intitulé en réalité « Plaidoyer pour un prof », était complété par des gifs animés rendant le tout plus léger et se concluait bien par un « je t’emmerde » qu’on se permet entre amis, mais accompagné d’un bisou et d’un « sans rancune ».

Qu’importe. Une fois sur enseignons.be, il a entraîné un tas de réactions surprenantes : lettres de remerciements, lettres d’insultes, échanges parfois. Deux réponses publiques également : l’une fadasse, l’autre inutilement agressive. On a également relevé mon engagement en politique, sous-entendant par là que seuls les profs avaient le temps pour cet engagement… (Sous-entendu quelque peu vexant pour les non-enseignants militants qui deviennent du coup des jean-foutres eux aussi, mais soit…)

Et tout ce qui a hanté mon esprit durant ces quelques jours, c’est une seule et simple question : pourquoi, alors qu’un grand nombre d’articles sur enseignons.be traitent de sujets passionnants autant pour les professeurs que pour les parents – nous parlons tout de même de décisions concernant leurs enfants-, pourquoi aucun de ces articles n’a le dixième du retentissement d’un petit article au second degré traitant de vacances? Le bilan Simonet, 14 partages. La lutte contre l’absentéisme scolaire ? 49 partages. Un article provoc sur les vacances, 13573 partages…  Ne trouvez-vous pas ça interpellant?

Alors j’ai décidé de profiter de ces quelques minutes de « buzz » pour tenter de parler un peu des sujets qui comptent ou du moins qui m’importent à moi. Que cela entraîne une nouvelle polémique, peu me chaut. Parlons, échangeons, réagissons ! Mais ne restons pas indifférents…

Les professeurs font beaucoup de bruit, souvent sans être entendus, mais ils le font pour vos enfants. Il serait bien de les entendre quand ils parlent d’autre chose que du poids de leur sac ou de leurs préparations. Le débat est complexe, puisque nous ne sommes pas forcément tous d’accord sur les méthodes à adopter, sur les causes des problèmes ni même sur les conséquences qu’ils auront. Quoiqu’il en soit, nous assistons aux premières loges à un changement sociétal qui semble ne pas encore vous avoir sauté aux yeux.

Les enfants que nous avons devant nous changent. Quelque chose se passe.

Premièrement, la langue change.

Peut-être que je dramatise, peut-être que « ça a toujours été comme ça », comme le pensent certains de mes collègues. J’expose ici un avis personnel. Mais selon moi, nous sommes en train de revoir l’Histoire, d’entrer dans une nouvelle époque où, par exemple et comme par le passé, certaines classes sociales auront accès à la lecture et à l’écriture et d’autres pas. Lorsque l’on observe les résultats de l’enquête PISA – qui contente tout le monde dès lors que l’on ne regarde que le résultat global de la Belgique sans comparer région wallonne et région flamande ou germanophone – il y a de quoi s’inquiéter. Nous sommes tout de même bien en-dessous des deux autres communautés de notre pays.

J’ai été professeur de français pendant 13 ans. Je le suis encore mais j’ai repris une charge d’Histoire. Parce que j’ai la sensation que le français se meurt, ma bonne dame. Et tous les décrets, programmes et évaluations semblent s’acharner à le mettre à mort. On ne peut plus faire de « l’orthographe systématique »- en faire revient peu ou prou à un acte de résistance. Quasiment plus de grammaire pure non plus. La plupart des livres que nous donnons à lire sont des romans « de littérature jeunesse », que je ne critique pas mais qui, selon moi, pourraient parfois rester à la maison. On entraîne les élèves à réussir des épreuves évaluant des compétences type qu’ils exécutent presque machinalement. Les épreuves d’écriture sont soumises à des « critères d’évaluation » si contraignants qu’un texte quasiment incompréhensible obtient la moitié du score (ce qui rend le résultat de l’enquête PISA d’autant plus inquiétant). Le résultat? Plus Un SEUL de mes élèves ne peut écrire quelques lignes sans faute. Plus un. Même la jeune journaliste du Vif qui m’a répondu publiquement a d’abord fait une faute de concordance des temps qu’elle a corrigée ainsi qu’une erreur de construction… La dame qui me répond sur enseignons.be, celle-là même qui a fait également quelques fautes, estime qu’il faut quatre heures pour écrire un petit texte humoristique… Je comprends mieux pourquoi certains parents pensent que les enfants croulent sous le travail s’ils estiment qu’il faut quatre longues heures pour écrire quelques lignes…

Alors oui, certains élèves s’en sortent mieux, rédigent plus ou moins correctement, comprennent assez bien les textes étudiés. Mais ce sont les enfants très suivis à la maison, ce qui revient à dire que ce n’est donc plus l’école qui apporte l’écriture. Où est alors l’égalité des chances?

Cela reste bien entendu ma propre vision des choses mais je sais que nombre d’enseignants la partagent. Je souhaite sincèrement que ce ne soit pas le cas de tous mes collègues mais pour ma part, c’est ainsi. Et il me semble que ça mérite réflexion. Or, nous n’avons jamais l’occasion d’évoquer ces sujets avec les non-enseignants. Ni même assez longuement entre nous.

Suis-je en train de dire que les enfants deviennent « bêtes »? Absolument pas. Je constate avec plaisir qu’en Histoire, les progrès se voient. Ils intègrent les compétences sans plus de souci qu’il y a quinze ans. Cependant, il faut d’abord les aider à lire les textes, traduire le vocabulaire jamais vu et pourtant parfois basique. Leur seule difficulté dans ce cours réside donc dans la lecture. Ils coincent également au moment de rédiger des réponses construites mais nous ne comptons plus l’écriture et pour peu qu' »on voit ce qu’ils veulent dire », on s’en contente.

Qu’on ne vienne pas me répondre que j’attaque ici les instituteurs. Ils n’ont pas d’autre choix que d’enseigner, comme nous, ce qu’on leur impose. Je ne suis pas convaincue par les nouvelles méthodes d’apprentissage de la lecture, mais eux non plus et elles leur sont imposées. Et tout le monde laisse faire.

Le nivellement par le bas de notre belle langue aura pour résultat l’asservissement d’une grande partie de la population. C’est un grand mot? Certes. Mais ces gens n’auront pas d’autre choix que de consulter des écrivains publics pour rédiger une lettre protocolaire, un CV ou une lettre de motivation. On me rétorque parfois que « ça a toujours existé ». Certes une fois de plus. Mais il y a deux générations, l’école devenue obligatoire avait fini par donner des bases à tous. Ma grand-mère, fermière qui n’a jamais fait d’études, est sortie de primaire et écrit toujours sans une faute aujourd’hui. N’est-il pas de notre devoir de continuer ce progrès-là? Retirer au peuple l’accès à la langue écrite revient à le soumettre. Et tout le monde trouve ça normal et anodin.

Ou alors la langue mourra. Peut-être que c’est à cela qu’il faut se résoudre. Il sera normal de trouver des secrétaires qui ne se référeront qu’aux programmes d’autocorrection des ordinateurs, normal de voir des menus remplis de fautes, des PV avec douze fautes d’accord. Normal et peut-être pas si grave que ça le semble aux profs de français qui l’aiment, cette langue.

Ensuite, l’école qui, il y a cinquante ans, était réellement vue comme un escalier social, a perdu une part de son sens. Des enfants de 14 ans voient la réussite par la notoriété d’un Secret Story. D’autres s’abrutissent pendant des dizaines d’heures par semaine devant des jeux vidéos qui finissent par ressembler à s’y méprendre à des addictions sévères, envisageant vaguement de devenir concepteurs sans même envisager de s’intéresser aux cours d’informatique ou de mathématiques… Facebook est devenu un mode de vie où l’on a le droit de tagguer des amis dans des insultes, où des groupes entiers moquent une personne ou une école, appeler une amie « ma salope à moi » est devenu naturel. Et tout cela semble laisser tout le monde froid.

Nous avons pourtant des suggestions. Certaines sont presque unanimes. Nous étions par exemple presque tous contre la suppression de la deuxième année professionnelle et le passage automatique en fin de deuxième après trois ans dans le cycle, pour un nombre de raisons important que je n’aborderai pas ici. Nous ne comprenons pas les règles strictes de NTPP qui limitent nos chefs d’établissement au point qu’il n’y a pas assez d’heures pour diviser des classes trop nombreuses ou pour engager un éducateur de plus pour surveiller des cours de récréations parfois disséminées sur des surfaces gigantesques.

On nous répondra que les budgets manquent, évidemment. Loin de moi l’idée de vouloir faire prévaloir notre métier sur le vôtre, quoique vous ayez retenu de mon précédent article… Cependant il a une répercussion sur tous les autres si je ne m’abuse. Vos successeurs viennent bien de quelque part…

Il se passe quelque chose. Les enseignants assistent à un événement aux premières loges. Je crois que c’est ce malaise qu’ils tentent parfois de vous faire entendre. Pas parce que notre métier est plus dur que le vôtre, mais parce que notre métier vous concerne tous. C’est peut-être cette inquiétude/incompréhension que j’ai voulu rétorquer aux amis auxquels j’écrivais. Nous avons la sensation parfois de plus nous inquiéter que bien des parents de problèmes qui, finalement, ne concernent pas nos propres enfants. C’est d’ailleurs la seule raison pour laquelle je me suis engagée en politique… Pas pour qu’on entende que je travaille. Mais pour qu’on entende les sujets qui me paraissent vitaux. J’espère donc que ces quinze minutes de notoriété toute relative feront que mes détracteurs liront ce texte également. Même si je n’y parle pas de vacances ou si je n’y dis pas de gros mots.

Il se passe quelque chose. Et ce quelque chose concerne vos enfants.

Le masque visage purifiant de Marilou Bio…

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Dans la droite ligne des soins obligatoires pour une peau clean, envisageons, une à deux fois par semaine environ, un petit masque adapté à notre peau.

Dans mon cas, un masque purifiant est nécessaire.

Que dire de celui de Marilou?

D’abord, il étonne. Une couleur bien verte comme les masques à l’argile en contraste total avec son odeur d’agrumes.

Ensuite, sa texture est sympa puisqu’elle ne vire pas à un plâtras tiraillant après quelques secondes. Il reste humide et doux, ce qui est un gros plus.

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Son autre point plus? Le prix! Environ 4€ en grande surface… Autant dire qu’on est loin des produits impayables de parfumerie.

Dernière qualité : le packaging girly. Pour nous, c’est presque un gage d’achat…

En ce qui concerne le côté bio, même s’il n’est pas réellement dans notre top 3 des priorités, on est satisfaites de ce produit. 99,20% du total des ingrédients sont d’origine naturelle, 10,60% du total des ingrédients sont issus de l’agriculture biologique. Les ingrédients sont, en cours, de l’argile, de l’eau florale de bleuet, de l’huile essentielle de citron, de la vitamine E et de l’huile essentielle d’orange. A la limite, ça vous évite le temps de commander ces ingrédients et de vous le préparer vous-même, ce qui est tout à fait faisable.

Au niveau de l’efficacité… Je ne vous cache pas que je n’ai JAMAIS trouvé un masque révolutionnaire qui changeait radicalement ma peau. Je pense que les soins qu’on lui apporte – démaquillage et nettoyage quotidiens, gommage et masque bihebdomadaires – font déjà au mieux, quels qu’ils soient tant qu’ils sont adaptés à votre peau. Donc pour ce soin-ci, c’est le même topo. Rien de miraculeux mais correct.

Le rapport qualité-prix est imbattable, en résumé.

Love Peace Flex,

Chrys

Musique? Vous appelez ça de la musique?

Ok, je veux bien admettre que parfois, j’aime bien les trucs méga commerciaux de la mort qui passent en boîte. Certes. Mais ça, là, ça je peux pas.

On est bien loin du « Ecoute, ça c’est de la musique », quand papa monte le son de la radio de sa voiture et nous fait entendre un truc qu’on considère comme trop chelou et ringard de la mort. Loin loin loin.

Non, ici, on a la chance inespérée d’écouter un gros débile: Maître Gim’s.

J’avais déjà supporté le beuglement de l’animal dans « j’ai pété les plombs, j’ai quitté l’école, si seulement tu savaiiiiiiiiiis » et, comme toi aussi tu écoutes la radio tous les matins, tu connais la suite. Ne parlons même pas de « Elle répondait au nom de Bella nanani nanana ». Ce type fait donc partie du groupe Sexion d’Assaut qui, au passage, a définitivement fait entrer dans la tête des gamins qu’on écrit « sexion » et pas « section ». Merci les gars.

Ces merveilleux rappeurs ont été connu pour leur chanson célébrissime:

On voyait déjà le niveau à l’époque: « Ok ! Déconcentré, t’étais dès qu’on s’est té-ma
Déconcentré, t’étais dès qu’on s’est té-ma
Déconcentré, t’étais dès qu’on s’est té-ma
Dès qu’on s’est té-ma, t’étais dès qu’on s’est té-ma »

Ô SEKOURE.

Soit. Par je ne sais quel idée originale, le petit Gremlins s’est décidé à sortir du groupe pour se lancer en solo. Mais la première vidéo témoigne d’un manque évident de talent. J’veux dire, même moi je fais mieux. T’as écouté les paroles? Attends, je te sors le meilleur du meilleur:

T’es foutu si j’te laisse dans cette situation.
Plus de cadeau, t’es l’ombre de mon ombre, Pussycat Dolls.
Cindy soit pas fâchée, pour t’oublier j’ai dû t’imaginer en train d’chier !
R’garde toi dans la glace j’étais p’t’être le seul type qui n’avais pas vu le being Paradise !
(OOH Shiet)

Si si, ça vole aussi haut que le « Allô » de notre chère Nabi-nabila. On a donc une sorte de suite de mots censés former une phrase, et j’insiste sur le « censés », puisqu’en fait, la dite suite de mot n’a aucun sens. Je suis désolée mais tu ne vas pas me dire que tu comprends quand quelqu’un te dit « Plus de cadeau, t’es l’ombre de mon ombre, Pussycat Dolls. » Et bien ça Mesdames et Messieurs, c’est la signature du personnage. C’est le mec qui pourrait te placer « anticonstitutionnellement » dans n’importe lequel de ses textes. C’est le machin qui, j’en suis certaine, compose ses chansons en sélectionnant des mots qu’il trouve cools à entendre mais dont il ne connaît pas le sens. Et ce mec est millionnaire. Sois pas gavée.

Bref, ce qui me choque vraiment là dedans, c’est d’entendre ça TOUS LES JOURS à la radio, à chaque fois que je vais dans ma voiture, comme si c’était le TUBE de l’année. On martèle les gens avec de la merde et on s’étonne que des gosses de douze ans pensent déjà que:

T’as l’espoir qu’j’t’obéisse,
Tu finiras par attendre mes appels.
Tu crois qu’une fille comme moi en est à son coup d’essai, moi j’infiltrais ton phone tel 4ans en arrière ?
Il est encore temps pour toi d’émettre des regrets.
On touch’ra pas ta caisse si tu me rends mes affaires.

Eh oui.

J’ai donc émis la conclusion que finalement, Nostalgie ou Classic21 c’était quand même vachement mieux que FUN ou NRJ. Bah ouais, désolée.

En vous souhaitant un bon lundi,

Love Peace Flex,

Gaby.

Pourquoi l’ART de Yasmina Reza reste la meilleure pièce de théâtre de ma vie.

Je vous parle assez peu de théâtre… Il faut dire que ça reste un loisir plutôt cher et que je peux lui consacrer moins de temps que je le souhaiterais. Pourtant j’adore ça. Réellement.

Ces derniers temps, j’ai remontré à une de mes classes la pièce ART de Yasmina Reza. Et comme toujours, j’ai ri, eux aussi, j’ai frémi et je crois bien qu’eux aussi et j’en ai conclu que définitivement, cette pièce reste ma préférée. Mes élèves, pourtant jeunes (14-15 ans) ont adoré même s’ils en sont restés au stade de l’humour essentiellement.

Nous n’avons pas les moyens d’emmener les élèves au théâtre. Ils y vont en moyenne une fois tous les deux ou trois ans… Qu’importe, la pièce est en ligne sur Dailymotion. (Haro sur le baudet, elle montre des vidéos pirates à ses élèves!!!!)

Le chouette côté, c’est que, du coup, les élèves voient la version avec sans doute le meilleur casting : Pierre Arditi , Fabrice Luchini , Pierre Vaneck.

Et c'est un casting du tonnerre!

Et c’est un casting du tonnerre!

Le pitch?

Serge (Fabrice Luchini) achète un tableau hors de prix et le présente à ses amis. Or, ce tableau est intégralement blanc. Cela entraîne un débat entre les personnages puisque Marc (Pierre Vaneck), le sec et terrible, déclare tout de go que ce tableau est « de la merde ». Le pauvre Yvan (Pierre Arditi), ami neutre par excellence, incapable de prononcer une phrase blessante, se trouve pris entre les feux de cette guerre artistique.

La première scène comme apéro?

Et c’est, petit-à-petit, quinze ans d’amitié qui se délitent sous nos yeux, passant de moments carrément hilarants à d’autres terriblement doux-amers.

A voir pourquoi?

Number one : la tirade mortellement drôle de Pierre Arditi…

Number two : l’excellent « Lis Sénèque… » de Luchini.

Number three : la conclusion merveilleuse.

Je ne peux, vous le comprendrez, vous dévoiler plus d’infos sans spoiler et vous gâcher tout le plaisir.

Faites-moi plaisir, essayez cette petite merveille, vous ne le regretterez pas.

Je vous offre un autre tout petit avant-goût formidable…

Régalez-vous!

Love Peace Flex,

Chrys

Nos nouveaux vernis Park Avenue…

Je sais ce que vous allez dire: « vous êtes fauchées et vous préférez vous acheter des vernis plutôt que  manger ». Disons simplement que dans la vie, faut savoir définir ses priorités.

Voici donc les derniers bébés ajoutés à notre collection de vernis (au passage, merci Di pour ton emballage absolument exceptionnel. Hum.):

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Autant vous dire nous et les vernis, c’est une grande histoire d’amour. Nous avons donc pris plaisir à les essayer tous… Tu veux voir?

Vernis 2

Vernis 3

Vernis 7

Ce qui donne, sur nos jolies petites menottes:

Vernis 4

Vernis 5

Les trois couleurs sont merveilleuses. Nous avons même été étonnées par sa tenue, vu son tout petit prix (aux alentours de 2,50€)

Un seul mot: foncez. Si vous avez une soirée spéciale et voulez accorder votre foulard à vos mains, ce vernis conviendra parfaitement. Pas besoin de se ruiner pour être les plus belles!

Love Peace Flex,

Gaby.

On teste pour vous les rouges à lèvres CIEN, la marque du LIDL…

Parce qu’on n’a peur de rien, on tente un peu tout. Et parfois on a de bonnes surprises.

On a donc fait un petit stock made in LIDL avec deux rouges à lèvres, un mascara noir et deux vernis de la marque Cien.

Contre toute attente, c’est une bonne nouvelle. Je vous présente donc le RAL Rosebud.

Review.

Niveau packaging, évidemment, on ne casse pas la baraque. C’est pas du tout le tube que tu dégaines fièrement dans la salle des profs pendant la récré.

A ce prix là autant tenter...

A ce prix là autant tenter…

La texture est bien crémeuse et hydratante, ce qui est un sacré plus pour l’hiver qui approche… La couleur (Rosewood) est un peu classico-classique avec des reflets irisés pas du tout in cette année mais qui peut « romantiser » un peu un look.

La couleur de près...

La couleur de près…

On voit directement dès l’ouverture que la texture sera correctement couvrante et grasse (maintenant, pour celles qui aiment le léger à ce niveau, ce sera too much)…

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Le résultat ne casse pas des briques niveau teinte ou originalité, mais c’est un petit RAL sympa pour les journées où on ne veut pas en faire trop. Il reste quand même plus cher qu’un ELF (qui a une gamme à 1€ tout à fait correcte) dont le packaging est moins estampillé cheap.

Le résultat posé?

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Love Peace Flex,

Chrys

Plaidoyer pour un prof.

– Quoi? T’es encore en vacances?

– Ha ha j’aurais dû être prof tiens, je bosserais moins!

Non mais toi, les horaires de travail, tu connais pas hein, t’es prof.

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Les profs entendent ce genre de petites phrases environ 8 fois par semaine. Trois fois pour ma part aujourd’hui. Même la boulangère me l’a sorti.

Si le métier de professeur est loin d’être le plus rude, il est de toute évidence un des plus raillés. Je pense qu’il est temps de remettre deux trois choses en place quand même.

La journée-type d’un prof, c’est, déjà, partir chargé comme une mule, un pc, deux classeurs pleins, un énorme journal de classe, un gros plumier (pour prêter des bics à tes enfants), un tas d’interrogations corrigées, un tas de copies à distribuer et un sac à main (avec deux paquets de mouchoirs pour tes enfants). Parce que le prof n’a pas de bureau, ni la plupart du temps de local où laisser ses affaires, il joue à la tortue et balade sa maison sur son dos. Il refera sa petite valise à la fin de chaque heure de cours pour transbahuter le tout de classe en classe, d’heure en heure, d’étage en étage. Ça n’a l’air de rien dit comme ça, mais j’ai pesé mon sac et il fait 9 kilos. Les classeurs sont dans mes bras, les copies par dessus. Et je transporte le tout environ 8 fois sur la journée. Quand toi, tu as quoi? Un agenda?

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Ensuite, dans ta petite tête de travailleur acharné qui n’a pas la chance d’être prof et de ne rien foutre, je fais 24h/semaine, hein? Certes mon lapin, mais entre ces 24 heures, j’ai des heures « de fourche » tout partout. Heures de fourche consacrées à faire la file à la photocopieuse (comme toi qui appelles ça du travail, non? nous, on appelle ça des pauses…), à imprimer des machins (ce que tu appelles du travail aussi quand c’est toi qui le fais), à corriger, à répondre à des élèves (mais toi tu dis clients), à des parents et je t’en passe.

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Tu argueras que « oui mais t’as facile toi, tu sais toujours reprendre tes enfants à l’école. Moi je finis à 19h ». Tout à fait. C’est un des avantages de mon métier. Sauf que quand les enfants sont couchés, toi tu mates un film. Moi, je corrige encore. Parce qu’on a beau dire, 322 élèves, c’est 322 interros tous les 15 jours environ. Et tu sais quoi? J’ai pas de secrétaire pour m’aider. En imaginant que je suis la reine du turbo de la correction et que je corrige chaque copie en 2 minutes, ça fait (j’ai compté) environ 10,7 heures à corriger. Et ne nous mentons pas, il est virtuellement impossible de corriger si vite tu t’en doutes.

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Je ne te parle même pas des institutrices qui passent parfois des soirées entières à préparer 22 bricolages, souvent en étant obligées d’enrôler le mari parce que toutes seules, c’est juste pas possible.

Ah et puis pendant mes vacances, je profite de mes enfants. Oui. Et des tiens aussi la plupart du temps. Et de ceux des copines. Parce que « tu peux bien les prendre, t’es en vacances ». Les vacances, chez moi, ça ressemble très fort à une immense garderie. Mais c’est rien, j’ai quand même que ça à foutre.

C'est quand même ma baraque qu'il faudra ranger quand tu auras récupéré tes mioches hein...

C’est quand même ma baraque qu’il faudra ranger quand tu auras récupéré tes mioches hein…

Autre point rigolo : moi, je ne peux pas prendre congé. Jamais. Essaie de caser le dentiste en pleine journée quand tu es prof pour voir. Et négocie avec l’orthodontiste de ton gamin pour qu’il te case « après 16h merci ». C’est là que tu te demandes pourquoi ils ne travaillent pas le mercredi après-midi pour la plupart (fait vécu). Un enterrement? Tu ne peux pas. Sauf si c’est du premier degré familial. Tu gagnes un voyage? Bah tu peux pas. Ton mari se fait opérer? Tu ne peux toujours pas. C’est un cancer? Bah quand même, tu peux pas. Après tout c’est vrai qu’on a deux mois de vacances pour enterrer nos morts et soutenir nos familles malades hein!

Là où j’ai de la chance c’est que « Mes cours sont faits ». Oui parce que cet été, pendant mes deux mois de vacances (qui, pour info, ne sont pas payés!), j’ai préparé mes cours à raison de 4 heures quotidiennes. Tout bêtement parce qu’il est quasiment impossible d’avoir une vie en préparant ses cours au fur et à mesure. Demande aux jeunes profs. C’est à peine s’ils sortent de chez eux les trois premières années.

Prof débutant (courant du mois de mars...)

Prof débutant (courant du mois de mars…)

Sauf qu’à la rentrée, j’ai appris que deux des cours que j’avais préparés tombaient. Un peu comme toi, quand tu bosses des heures sur un dossier et que ça tombe à l’eau. Et là, j’ai aussi appris qu’on me mettait un nouveau cours. Tu peux donc ajouter trois ou quatre bonnes heures par semaine de préparation et d’étude (parce que le prof est supposé connaître des tas de choses sur son sujet et s’il est un tout petit peu motivé, il lit des trucs).

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Quatre fois par an, nous, les planqués, avons également des conseils de classe. Pendant les temps de midi (et je vous jure qu’on n’est pas dans un petit resto sympa malheureusement), après 16h ou les mercredis après-midi. Ces conseils durent parfois jusque 22h, 23h… Dans mon cas, par exemple, lorsque nous sommes en semaines de conseils, c’est 5 fois que je resterai aussi tard. Quatre fois par an. Mais je vous rassure, on a de l’eau. Parfois du jus d’orange quand c’est fête. Avec en prime des familles qui nous gardent les enfants et qui ne nous croient pas! (Le mari de ma collègue Carine est persuadé qu’elle le trompe quatre fois par an…) Évidemment, ces semaines-là comportent toujours les heures et cours, les préparations de cours et les corrections. Ce sont donc des semaines où le prof de base tourne à 80h/semaine. Mais bon, il a deux mois de vacances.

Deux fois par an, ce sont les examens. Là, en général, tu y vas de ton « La chance!!! t’as fini tous les jours à midi ». Oui. Pour corriger 322 copies d’examens en une semaine. En allant vite et en corrigeant chaque copie en 15 minutes, tu peux compter que ça fait 80 heures. Sur une semaine. Avec environ 20 heures de surveillance. Mais c’est chouette : on voit les émissions de nuit à la télé. Puis de toute façon, on a deux mois de vacances.

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Les profs, ce sont aussi de gentils bénévoles. Ils organisent des ateliers théâtre pendant leurs heures de fourche ou leurs temps de midi, gèrent des bibliothèques, organisent des ventes de gaufres pour que tu n’aies pas trop à payer le voyage de ton cher ange, voyages qu’ils encadreront pendant leurs propres vacances et qu‘ils auront payés!!! Parce que ce serait quand même honteux qu’ils voient Auschwitz pour la douzième fois en surveillant 58 ados sans débourser, nan?

Les profs, ce sont aussi de gentils pigeons de l’état. Parce que tu me trouveras un autre boulot où tu dois acheter toi-même tes stylos, livres, feuilles, imprimante, ordinateur et autre hein. Moi j’en connais pas.

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Tout ça pour que toi, tu puisses aller bosser au fond. Et tout ça pour que tes enfants puissent un jour aller bosser aussi quand tu y penses.

Sauf que toi, personne et surtout pas moi ne se permettrait de te dire que tu glandes, naturellement. C’est le privilège du prof, ça, de s’entendre dire qu’il ne fout rien. Personne ne va jamais dire à la boulangère qu’elle glande. Ou au pompiste qu’il fait rien qu’à attendre derrière sa caisse. Parce que dans leur cas, on voit un résultat. Alors que le nôtre est immatériel. En gros, vous raillez l’éducation de vos propres enfants puisqu’on ne sert à rien.

Et c’est avec cette belle démarche d’irrespect qu’on se retrouve avec, pour couronner le tout, des parents qui viennent défendre « le petit » qui t’a traité de connasse parce qu’après trois fois à lui demander de se taire tu lui as mis une note. C’est aussi ainsi qu’on entend des gamins te répondre que « De toute façon, mon père il dit toujours que vous êtes des planqués ».

Nerveusement, c’est pas non plus toujours une sinécure tu vois? C’est quand même un boulot où on se fait parfois insulter par des gosses que des parents auraient dû mieux éduquer. Où on saccage ta voiture trois fois de suite devant chez toi parce que t’es un peu sévère (vécu par un collègue l’an passé). Où on voit des vies déjà mal parties, des gamins abandonnés, d’autres qui tournent mal, des parents trop durs, d’autres trop laxistes et, si l’on est un tout petit peu impliqués, c’est un boulot qui pèse parfois en fin de journée.

Est-il utile aussi de rappeler que tu as beau y mettre tout ton cœur et tes tripes, c’est pas tous les jours que tu as du retour, pas tous les jours que ton cours intéresse, même si tu as mis la moitié de ta nuit à chercher l’angle sous lequel aborder ta leçon?

Va un peu lui parler de Louis XIV pour voir...

Va un peu lui parler de Louis XIV pour voir…

Alors tu sais, je ne me plains pas outre mesure. J’aime mon métier. Mes élèves sont merveilleux pour beaucoup, j’ai d’ailleurs parfois plus l’occasion de les voir grandir que leurs propres parents qui les casent plus qu’ils ne le devraient. J’ai en effet des vacances parsemées de partout dans l’année et je ne les occupe pas qu’à préparer mes cours ou corriger, c’est certain. Je suis aussi la première à dire qu’il y a des tas de métiers mille fois plus durs. Je serais incapable d’être ouvrier dehors en plein hiver. Incapable de bosser chez Machin comme ma copine Sandrine qui va à Bruxelles tous les jours en se levant à 6h du matin et en rentrant à 20h. Je n’aurais pas osé comme d’autres investir tout ce que j’ai dans une entreprise. Je détesterais épiler des vieilles décrépies. Je ne pourrais pas nettoyer des dents de leurs caries. Je ne pourrais pas être caissière, pilote ou vétérinaire.

Par contre, tous ces gens que je viens de citer me disent toujours qu’ils ne pourraient pas être profs. Alors de grâce, tout ce qu’on vous demande, c’est d’un tout petit peu garder pour vous vos idées à la con sur le fait qu’on ne fout rien. Ou alors, et on y arrivera bientôt, vous vous retrouverez prochainement avec des profs plus motivés du tout pour éveiller vos enfants aux cours que vous n’avez pas le temps de leur donner.

La pénurie de profs s’aggrave tous les jours. Et ce ne sont pas les quelques égarés du privé qui viennent nous rejoindre pendant deux ou trois ans avant de retourner d’où ils viennent en vitesse parce que « C’est beaucoup trop contraignant » (si, si, entendu de la bouche d’une hôtesse de l’air qui donnait de l’anglais) qui nous seront d’un grand secours.

Donc oui. Je suis encore en vacances. Et franchement, je t’emmerde.

Sans rancune.

Sans rancune.

Love Peace Flex,

 

Chrys